Le retable de la Cène de l’église Saint-Martin de Chalautre-la-Petite

Notre savante amie Marie-Christine Lacour, dont on connaît la biographie du Provinois Toussaint Rose, écrite avec Jean-Yves Barzic (éditions Temporis, 2021), et les travaux d’archéologie provinoise, travaille aujourd’hui, dans le cadre de notre groupe de recherche « Nicolas Pasques », à une étude sur une œuvre du XVIe siècle provenant d’une église indéterminée de notre ville : le haut-relief de la Cène, Jésus et onze de ses apôtres (la place de Judas étant vide), présent dans l’église Saint-Martin de Chalautre-la-Petite. Le site de « Sainte-Croix Renaissance » accueille le premier volet de ce travail, qui s’inscrit dans le cadre de notre programme de mise en lumière du patrimoine sacré dispersé de la ville de Provins.

Provins février 2025

 

Le retable, placé au-dessus de l’autel saint Nicolas de l’église Saint-Martin de Chalautre-la-Petite, est remarquable par sa qualité. Ce haut-relief a attiré l’attention de ceux qui ont eu à l’évaluer, en particulier au cours des épisodes de la Révolution et de la séparation des Eglises et de l’Etat. Il a été sélectionné par le photographe et archéologue Félix Martin-Sabon qui, dès 1885, décide de contribuer à la préservation des édifices civils et religieux[1].

 Figure 1La curiosité de cette Cène, c’est que l’on ne compte que onze apôtres autour de Jésus, le douzième est absent bien que sa place au bout de la table, à gauche, soit présente.

En voyant la date de réalisation de ce retable, 1545, et le nom du commanditaire, on pourrait supposer avoir un suivi facile des pérégrinations de cette œuvre. L’inscription en haut de la sculpture nous informe : « Vénérable et religieuse personne Maistre Pierre RAOUL, prieur maistre et administrateur de céans, natif de Blois, curé de la chapelle Vendosmoyse, ai fait faire cest retable, et fut achevé au moys de septembre en l’an 1545 », mais on ne comprend pas la raison pour laquelle cette lourde pièce sculptée est arrivée en Provinois [2].

Nous avons décidé d’enquêter sur cette Cène en cherchant des archives susceptibles de nous en apprendre plus sur cette sculpture qui orne l’église Saint-Martin depuis plus de 146 ans. Trois axes sont choisis, allant des informations publiées officiellement jusqu’aux suppositions les plus hypothétiques.

  1. Nous présentons d’abord la suite des éléments existants, à savoir les pièces d’archives et l’enregistrement de ce retable dans les bases de données du Ministère de la Culture. Nous préciserons l’emplacement du monument au moment de la Révolution et les pistes pouvant être développées.
  2. Nous proposons ensuite la description artistique de l’œuvre et sa situation parmi les représentations contemporaines de celle-ci.
  3. Enfin, nous introduirons le contexte politique et religieux du XVIe siècle français qui a inspiré l’exécution de ce haut-relief
Figure 2Vue de la nef vers le sud-ouest Le retable se trouve dans la chapelle Saint Nicolas, en passant la grille de clôture de chœur aujourd’hui disparue. Cette grille paraît dans l’inventaire de l’église en mars 1906, comme propriété de l’Abbé Chalbot.

1 – A la recherche des origines du retable

La figure 2 présente l’intérieur de l’église Saint-Martin de Chalautre-la-Petite avant la séparation des Eglises et de l’Etat. L’abbé E. Chalbot, qui, depuis 1900, animait la paroisse de Chalautre-la-Petite avait entrepris de la restaurer. Depuis longtemps, il souhaitait remplacer les voûtes construites après l’incendie de l’église au cours des Guerres de Religion et qui tombaient en ruine [3]. En 1937, son souhait se matérialise et une nouvelle toiture a été inaugurée le 6 aout 1939, sous la présidence de Monseigneur l’Evêque de Meaux.

 

1.1 – Les éléments existants.

On trouve à Chalautre-la-Petite la trace de ce retable deux siècles et demi après sa création : Il est localisé au domaine du « Pressoir-Dieu ». Nous ne savons pas exactement quand, ni pourquoi, cette œuvre a été transportée au Pressoir-Dieu, puis à l’église Saint-Martin où sa présence est attestée dès la fin du XIXe siècle[4]. Le retable est signalé officiellement dans le bordereau du « Ministère de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts », sur sa feuille d’inventaire générale des richesses d’art de la France pour le canton de Provins[5]. On y voit « l’état des objets d’art ou de curiosité » que possède l’église de Chalautre-la-Petite en 1878. Le bordereau est signé et cacheté par le maire du village, Nicolas Fournier le 11 juillet [6].

La base Palissy signale l’œuvre comme bas-relief avec pour titre « La Cène ». Localisé en Ile-de-France, Seine-et-Marne, à Chalautre-la-Petite. Le n° INSEE de la commune au moment de la protection est 77073, canton de Provins. Placé dans l’église, le dépôt de protection situe ce retable comme surmontant l’autel Saint-Vincent [7].

Il est présenté dans ce document comme un « Fragment de retable en pierre polychrome » avec dorures aux dimensions de 0,45 m. de hauteur et 2,44 m. de longueur. La date de création est précisée sur l’entablement : deuxième quart du XVIe siècle, 1545. La base Palissy précise le statut juridique de protection et la typologie de l’œuvre. La date du classement en objet a lieu le 12 décembre 1905. La base Palissy, à tort, indique une propriété privée, la conservatrice du Ministère de la Culture précise que ce retable appartient bien à la commune de Chalautre-la-Petite. Six Photographies du retable en N/B sont liées au dossier de protection [8].

La seconde pièce officielle présentée est l’arrêté de classement de l’objet. C’est un texte à l’en tête du « Département de Seine et Marne, Monuments historiques et objets mobiliers », tapé machine, classé par arrête [Budée ?] en 1905 [9].

L’objet est décrit comme un fragment de retable en pierre polychrome placé au-dessus de l’autel Saint Vincent à gauche. Il est en pierre polychromée peinte et dorée, daté du XVIe siècle. Ses dimensions sont de 0,46m de hauteur, écart d’un centimètre pour la hauteur avec les mesures précédentes, la longueur est identique, 2,44 de longueur. Il est alors encore propriété de la fabrique de l’église. Le bordereau le situe dans la chapelle Saint-Vincent ? Il n’est pas sûr qu’il y ait eu une chapelle Saint-Vincent dans l’église de Chalautre-la-Petite.

Une belle description de ce haut relief y est faite : « Sous un entablement à caissons que supportent des colonnes doriques, est représentée la Cène. Les personnages qui y prennent part sont debout sauf celui qui est placé à la droite du Christ. Tous sont tête nue devant une longue [table] plate chargée seulement de quelques assiettes vides, les uns posant la main sur l’épaule du voisin, les autres sur la table. (Judas qui occupait la dernière place à gauche avait été sculpté, mais il a disparu) sur l’entablement une longue inscription en deux lignes que j’ai pu découvrir sous deux ou trois couches de badigeon successives, indique l’année où le travail a été exécuté 1545. Ce fragment de retable a une réelle valeur. ». Les couches de badigeon sont confirmées ailleurs, c’était une mise à la mode du haut relief pour laisser supposer qu’il était en bois. L’auteur de la notice suppose que Judas a été éliminé après avoir été sculpté, ce qui n’est pas certain. D’autres Cènes, assez rares, sont représentées avec onze apôtres, nous en parlerons dans la suite de cette étude. Le retable est situé ici aussi, dans la chapelle Saint-Vincent.

Ce retable est plutôt signalé dans la chapelle de Saint-Nicolas. Cette dénomination toujours actuelle de chapelle Saint-Nicolas est rapportée de longue date par des témoins sérieux et incontestables [10]. Nous en choisirons trois, Louis Michelin, Théophile Lhuillier et l’instituteur Narjou, qui citent tous la chapelle Saint-Nicolas pour l’emplacement du retable.

Le plus ancien à y faire allusion est Louis Michelin, imprimeur-éditeur, mais aussi historien local et collectionneur d’ouvrages régionaux [11].

Le second, tout aussi recommandable, est Théophile Lhuillier : « Jean-Baptiste Théophile Lhuillier apparaît comme la parfaite illustration de l’érudit local, aux intérêts divers et héritier de la tradition humaniste. Son approche est avant tout documentaire et c’est l’amour du document – qu’il collectionnait – qui l’amène à en tirer les enseignements historiques. Il participe ainsi au travail de fond commencé sous le Second Empire et consacré à la recherche documentaire nécessaire à la constitution d’une discipline historique faisant retour sur ce qui était devenu l’Ancien Régime » [12].

Le troisième, c’est l’instituteur du village, Narjou, érudit local, qui a composé sa monographie en réunissant ce qui était attesté. Voici ce qu’il rédige page 10 de son manuscrit. « Dans la chapelle de Saint Nicolas, on voit un bas-relief représentant la Cène du Seigneur. Ce bas-relief qui se trouvait auparavant dans la chapelle du Pressoir-Dieu est un monolithe de 2 m de long sur 80cm de large. »

On trouve cette dénomination de chapelle Saint-Nicolas dans plusieurs almanachs et ouvrages qui décrivent les richesses archéologiques des villages de la région. Dans son ouvrage daté de 1911, Maurice Pinard-Préguet écrit à la page 682 « Au lieu-dit du pressoir-Dieu était un château et une chapelle ». Il nous précise qu’il n’y a plus de trace de ce domaine. Il note ensuite que dans l’église de Chalautre-la-Petite « il y a 2 chapelles celle de la Vierge et celle de Saint Nicolas » [13].

Le dossier de la Direction des Affaires Culturelles du département de Seine-et-Marne était complété par une fiche manuscrite non signée ni datée qui décrit le retable : « Dans un décor évoquant un cadre architectural, la Cène figurée regroupe le Christ et onze apôtres attablés sur fond d’arcatures. Ce retable a gardé des traces de polychromie d’origine : or, bleu et rouge. Les personnages sont individualisés (visages et vêtements à l’antique) et leurs expressions marquées ». Les armes observées au pied des pilastres du retable sont certainement celles du commanditaire Pierre Raoul[14]. La pièce conservée porte aussi la transcription de Pierre Raoul, Prieur maître et administrateur céans. Il est précisé ici que le retable a été trouvé dans les ruines de l’ancien prieuré bénédictin de Saint-Jacques de Provins.

Les armes des deux écus restent incertaines, le relief est peu marqué et les traces de peinture sont très dégradées après les effets des couches de badigeon qui ont été décapées. Il va être difficile de les identifier.

Les archives de Seine et Marne conservent les inventaires de la Séparation des Eglises et de l’Etat. L’inventaire de la fabrique paroissiale de Chalautre-la-Petite a été réalisé le 9 mars 1906 (article 3 loi du 9 12 1905 1905) à 10h en présence de l’abbé Chalbot, servant de la paroisse et monsieur Longuet, président de la fabrique [15].

Le procès-verbal de prise de possession des biens ayant dépendu de la Fabrique de la paroisse est mis sous séquestre en exécution de la loi du 9 déc. 1905.

Cela ne se fit pas sans difficulté. Il fallut une nouvelle convocation, MM Chalbot , Longuet et Voyer ne s’étaient pas présentés, bien que dûment convoqués [16].

« Nous soussigné Gallois, receveur des domaines, agissant en exécution […] avis de lettre recommandée du 19 déc., avis de réception du 20 déc. 1906 […] au nom et requête de m le directeur général des domaines à Paris Ministère des finances Palais du Louvre rue de Rivoli.

Avons pris possession de tous les biens ayant dépendu de ladite fabrique (Numéraire néant, valeur néant), le 8 déc. 1908, signé Séné »

Monsieur Séné, percepteur agent des domaines à Melun écrit que l’on commence la visite par la sacristie. Ensuite, en page 2 et dernière page, on lit au numéro 67 de l’inventaire « Un bas-relief de pierre surmontant l’autel de Saint-Vincent représentant la Cène, pierre peinte et dorée datant de 1545 trouvé dans le petit couvent référé au lieu de Chalautre appelé le Pressoir-Dieu ». Il est précisé que « vu la qualité artistique, ce bas-relief n’a pu être estimé ». C’est la fin de l’inventaire qui est pauvrement évalué à 270F pour total. Le trésorier, de la fabrique, monsieur Voyé, déclare qu’il a trouvé 1,50F dans le tronc.

Figure 3Arrêté de placé sous séquestre des biens mobiliers et immobiliers qui appartiennent aux anciens établissements publics du culte ayant leur siège dans les communes. C’est signé du maire de Chalautre-la-Petite, Ernest Dantigny.

Le procès-verbal de notification qui doit être envoyé au directeur des domaines est daté du 2 mars 1906. Il est présenté par Isidore François, garde champêtre agissant à la requête de monsieur le directeur des domaines du département de Seine-et-Marne, conformément aux instructions du préfet, au desservant de le paroisse, l’abbé Chalbot, au président de la fabrique, Désiré Longuet et au trésorier, Edmond Voyé [17].

Les opérations d’inventaire des biens mobiliers et immobiliers de la fabrique de l’église paroissiale s’ouvrent le 9 mars1906 à 10h du matin. Copie du procès-verbal de notification et avis de convocation sont laissées au susnommé abbé Chalbot qui a refusé de signer. C’est le garde Champêtre François qui signe

  

1.2 les sources moins immédiates.

Nous commençons par la plus récente provenance du retable, la propriété du Pressoir-Dieu aujourd’hui disparue [18].

Le Pressoir-Dieu, sur le territoire de Chalautre-la-Petite, était la maison d’été de l’hôtel-Dieu. De nombreux baux et transactions de terrains figurent dans les archives de l’ancien régime, concernant essentiellement des baux de terre à vigne [19].

Cet édifice, maison de santé de l’Hôtel Dieu, parait sur la carte de Cassini au XVIIIe siècle [20]. On retrouve ensuite les traces de ce domaine sur une copie du cadastre Napoléon, au XIXe siècle. L’extension de l’exploitation de la mine de glaise, vers les années 1960, a supprimé les dernières traces de ce domaine en ruine.

Figure 4 Portion de carte Cassini au 18e siècle : Le « pressou » Dieu et les environs de Chalautre-la-Petite. D’après le codage Cassini, Chalautre-la-petite est une paroisse (le nom du village est en caractères romains droits), le dessin d’une église complète le classement du village. Le Pressoir-Dieu est une gentilhommière, le non est en caractères italiques selon la convention Cassini.


Les Cassini avaient établi une codification descriptive stricte pour classer les villes, villages, bourgs, hameaux et autres espaces habités. « On y trouvera tous les objets nécessaires pour acquérir la connaissance d’un pays : villes, bourgs, paroisses, châteaux, maisons de campagne, fermes et métairies, moulins à eaux et à vent, ponts et bacs, cours des rivières, des ruisseaux, étangs considérables, grands chemins, chemins de traverse, le contour des bois, leurs noms, les routes qui les traversent, enfin une figure exacte du terrain » [21].

Figure 5Portion du cadastre de 1844 reproduit d’après le cadastre Napoléon. Sur les parcelles appartenant au domaine du Pressoir-Dieu on voit, sur la gauche des bâtiments, sur la droite un rectangle régulier et vide de construction avec un puits en haut à droite. La rue du Pressoir-Dieu est visible et croise à gauche la route de Provins [22]. La route du Pressoir-Dieu coupait l’ancienne route de Provins qui monte tout droit, à la suite de la rue aux Taillants.

 

La vente du Pressoir-Dieu en biens nationaux de 1789

D’après les bordereaux et expertises établis en l’an II et III de la République, le domaine du Pressoir-Dieu était constitué d’une gentilhommière, d’une ferme avec écurie, étable et « porcellerie », d’une maison de vigneron avec vignes et pressoir et d’une maison de jardinier avec verger et potager. Il y avait une chapelle dans l’enceinte de la cour de la ferme ainsi qu’un puits [23]:

La description du domaine au moment de la vente en bien national ne décrit que les bâtiments et la terres, le mobilier n’est pas signalé, sauf le pressoir.

La vocation de la propriété du Pressoir-Dieu avec sa chapelle, la désignait pour accueillir le retable de la Cène. Lorsque le lieu fut vendu en bien national, on ne sait pas qui a fait descendre le retable d’un ou deux kilomètres vers l’église de Chalautre-la-Petite où l’œuvre est signalée dans la fiche d’un des premiers inventaires des œuvres remarquables françaises en 1878.

Une localisation antérieure à celle du Pressoir-Dieu, est évoquée ; elle signale l’œuvre dans les ruines de l’abbaye Saint-Jacques de Provins, complètement disparu aujourd’hui [24]. Ce couvent a été démoli et vendu de 1798 à 1830 [25].

Ce retable de belle facture y aurait parfaitement trouvé sa place. Malheureusement nous n’avons qu’une fiche sans origine ni date. Il est seulement dit que le retable a été trouvé dans les ruines de l’ancien prieuré bénédictin de Saint-Jacques de Provins [26].

Notre enquête s’arrête ici pour l’instant faute d’autres éléments.

Peut-être que les écussons de Maître Pierre Raoul qui accompagne ce retable, pourront, s’ils sont identifiés, nous permettre d’avancer.

La suite va consister à décrire cette Cène à onze apôtres, en la resituant dans son contexte artistique et religieux qui est celui des Guerres de Religion.

Marie Christine Lacour

 

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[1] Félix Martin-Sabon (1846-1933), 1907-1909. © Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diffusion GrandPalaisRmn Photo (APMH053024)
Le parisien Félix Martin-Sabon fut élève au lycée Louis-le-Grand puis à Centrale, il devient ingénieur des Arts et manufactures en 1867. Il est ensuite à la tête d’une fabrique industrielle de matériel roulant pour l’Armée jusqu’en 1885. Il change alors de vie et parcourt la France à la recherche des édifices civils et religieux intéressants, espérant ainsi contribuer à leur préservation. Il travaille bénévolement pour la commission des Monuments historiques. Wikipédia https://fr.wikipedia.org › wiki › Félix Martin-Sabon.

[2] Ministère de la Culture (MC). Département de Seine-et-Marne (77), Direction des Affaires Culturelles. Céline Aulnette, Chargée de développement du patrimoine. Hôtel du département 77 010 Melun. Transcription de l’inscription incluse dans les pièces conservées. « POP », la plate-forme ouverte du patrimoine.

[3] Mémoires de Claude Haton, sous la direction de Laurent Bourquin, Collection de documents inédits sur l’histoire de France série 8 n°28, Ed du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2001, Vol 2
Haton cite le saccage de l’église en 1578 (164).Ythier note que le 25 janvier 1651 « Le chœur entier et le clocher de l’église de Chalautre la Petite, sont tombés, sans qu’on s’y attende, les cloches ont été cassées. Aucun habitant n’a été blessé ». (Ms 209 f 426). Le registres de baptême de Saint-Quiriace dénombre des baptêmes d’enfants nés à Chalautre à cette période.
L’instituteur Narjou écrit dans sa monographie que l’église fut ruinée par les huguenots en 1578. (Chalautre-la-Petite [notice géographique, histoire de l’enseignement, histoire locale d’après l’almanach de Seine-et-Marne 1877, biographie, appendice] / Narjou, 27 décembre 1888, p 17 : On y trouve la liste des maires de Chalautre-la-Petite avant 1900.

[4] L’acte de vente du Pressoir-Dieu comme bien national en 1790, ne signale pas le mobilier du site.

[5] MC77, Direction des Affaires Culturelles. Op.cit. Fiche qui signale deux œuvres : Un tableau « Le repentir de saint-Pierre », peinture à l’huile de 1,60×1,80m donné par le gouvernement (tableau qui figurait à l’exposition de 1842), un retable « la Cène des douze apôtres » en pierre sculptée mesurant 0, 50x2m. Le commentaire précise que ce haut-relief d’une seule pièce a été donné par un particulier et provient d’un ancien couvent.

[6] Archives Départementales 77. Narjou, Op.cit. p 17 : On y trouve la liste des maires de Chalautre-la-Petite avant 1900.

[7] La base Palissy réunit des données sur le patrimoine mobilier français. Elle a été créée en 1989 et mise en ligne en 1998 par le ministère de la Culture, direction de l’Architecture et du Patrimoine.

[8] MC 77, Direction des Affaires Culturelles. Op.cit. Arch. Phot. (MH53024, MH53025, MH53026, MH53027, MH53028, MH53029).

[9] M C 77. Direction des Affaires Culturelles. Op.cit.

[10] Une statuette de saint Vincent placée à quelque distance de cet autel est-elle à l’origine de cet intitulé de la chapelle ? C’est en tout cas l’information transmise au Ministère et qui fait actuellement référence.

[11] Louis Michelin. Essais historiques, statistiques, sur le département de Seine-et-Marne. Né à Provins le 16 août 1765 dans une famille d’imprimeurs depuis plusieurs générations. Il succède à son père en 1790. Il meurt le 13 janvier 1841.

[12] Institut National de l’Histoire de l’Art (http ://www:inha.fr.) Extrait de la notice de Sylvain Kerspern, Bibliothécaire, conservateur de musée. Théophile Lhuillier est né le 30 janvier 1833, en Seine-et-Marne, à Crécy-en-Brie. Il est mort 16 mars 1904, à Melun. Parmi ses nombreuses activités, il crée en 1861 l’Almanach de Seine-et-Marne, auquel il contribuera régulièrement. En 1897 retraité de la préfecture, il devient membre du Comité supérieur des Beaux-Arts.

[13] Maurice Pinard-Préguet. « Histoire générale illustrée des départements : Seine et Marne », Orléans, Auguste Gout, 1911.

[14] Une partie de ces documents proviennent d’archives privées. En 1937 des notables de Chalautre entreprennent de restaurer et de faire classer l’église ainsi que le bâtiment dit de l’escargot.

[15] AD77 2Q262. Archives concernant la séparation des Eglises et de l’Etat, paroisse Chalautre-la-Petite.

[16] Convocation provenant du bureau de Provins (rue du Moulin de la ruelle)

[17] Désiré Longuet était, selon l’ancienne dénomination, président du bureau des marguilliers et Edmond Voyé était trésorier de la fabrique.

[18] Ministère de la Culture. Département de Seine-et-Marne, Direction des Affaires Culturelles. Op.cit.

[19] Chalautre-la-Petite et sa région étaient en effet un terroir de vignoble reconnu. Les chroniqueurs s’y intéressent en termes de production de vin.

[20] Mesny Cartographe. Carte générale de la France. 045, [Meaux]. N45. Flle 4 [établie sous la direction de César-François Cassini de Thuty] 1757. Source gallica.bnf.fr/ Bibliotheque nationale de France. La carte de Cassini est la première carte de France détaillée et topographique réalisée à l’aide de distances relevées sur le terrain. Sa création a été ordonnée par Louis XIV, les travaux dureront de 1683 à 1818.

[21] Claude Motte et all. Centre national de la recherche scientifique (CNRS). http://Cassini.ehess.fr Les plans de Paris paraissent les premiers en 1756. L’échelle adoptée est d’une ligne pour cent toises, soit une échelle de 1/86 400 (une toise vaut 864 lignes).

[22] Cadastre. Plan de la Commune de Chalautre-la-Petite, levée en 1844 sous la direction de Mr Sémane, géomètre en Chef par Me Galle, géomètre de première classe reproduit d’après l’original par Gaston Diot en 1903 avec échelles. (Fonds privés).

[23] Archives 77. D1Q, 1126-1, 38A-M9. Ventes de biens nationaux, actes de ventes et pièces à l’appui.

[24] Jean Mesqui, Olivier Deforge. « Quelques remarques sur les bâtiments claustraux de Saint-Jacques de leur origine à la Révolution. »  in : Société d’Histoire et d’Archéologie de l’Arrondissement de Provins. Bulletin, n°177, 2023 p7.

[25] AD77 – Extrait du registre commerce. 1Q 1237 / La commune de Provins s’opposa à la vente de l’abbaye. Mais par manque d’argent l’adjudication de Saint Jacques fut emportée le 2 fructidor en IV (19 aouts 1798) par Thomas Severin-Dubreuil pour 800 000F.

[26] Ministère de la Culture. Département de Seine-et-Marne, Direction des Affaires Culturelles. Op.cit.