Exposition : Les dragons de Sainte-Croix

Exposition de photographies du bestiaire sculpté de l’église Sainte-Croix de Provins, organisée par « Sainte-Croix Renaissance »

Compte-rendu de l’exposition à l’hôtel Savigny et à la Médiathèque de Provins (oct-nov 2021)
Texte de présentation
Le livre « La cité médiévale de Provins » par JP Djivanidès

Après l’hôtel de Savigny, la Médiathèque Alain-Peyrefitte et le César Hôtel de Provins,
c’est l’église Saint-Martin de Chalautre-la-Petite
qui reçoit l’exposition photographique consacrée au bestiaire fantastique de l’église Sainte-Croix de Provins.

Trois photographes, Michel Charlet, Denis Foussard et Patrick Privé, mettent en lumière, chacun avec son style et sa sensibilité, toute une faune monstrueuse, sculptée vers 1520, ornant le double collatéral nord de cette grande église promise à d’importants travaux et à une réouverture très attendue.

« Les dragons de Sainte-Croix »,
Église Saint-Martin de Chalautre-la-Petite

Samedis 9 et 16 avril de 16 à 21 heures
Dimanches 10 et 17 avril de 10 à 17 heures
Mercredi 13 avril de 15 à 17 heures
Vernissage le 9 avril à 18h

Une production du collectif Sainte-Croix Renaissance, avec le concours de la Mairie de Chalautre-la-Petite et de « Chalautre se
raconte ».

Compte-rendu de l’exposition à l’hôtel Savigny et à la Médiathèque de Provins

Après une vingtaine de jours à l’hôtel de Savigny en ville haute puis à la médiathèque en ville basse, notre exposition « Les dragons de Sainte-Croix » s’est achevée le dimanche 7 novembre 2021, l’exposition numérique reste visible en cliquant ici . 812 entrées ont été enregistrées. Le livre d’or abonde en commentaires élogieux coupés de nombreux dessins d’enfants inspirés par nos monstres.

Notre ami Jean-Pierre Djivanidès a contribué à l’exposition, notamment par un dessin en développement des chapiteaux des colonnes 2 et 3 (avec en outre tirage aux dimensions réelles). Ses trois séances de signature de son Provins ont été des succès.

Lors du vernissage, le samedi 16 octobre, M. Lavenka, maire de Provins, accompagné de Madame Rameaux, adjointe à la culture, avait rappelé les perspectives qui se présentent pour l’église Sainte-Croix : début, à la fin de cette année 2021, de travaux qui intéresseront d’abord le collatéral nord (thème de notre exposition) puis, immédiatement, la nef et le collatéral sud, pour s’achever dans trois ans et permettre, dès ce moment-là, une réouverture partielle de l’église dans toute sa partie occidentale. Suite des travaux devant aboutir, au terme d’un chantier de dix ans, à la renaissance de Sainte-Croix, élément essentiel du patrimoine architectural et artistique de Provins.

Le bestiaire de l’église Sainte-Croix de Provins

Toute une faune inquiétante occupe, dans les espaces laissés libres par une végétation luxuriante, les chapiteaux du double collatéral nord de l’église Sainte-Croix (élevé autour de 1520). En découvrant tant de mâchoires affreusement endentées, d’yeux cruels, de corps écailleux, de langues fourchues, de queues crochues, on serait tenté de s’écrier « Quel zoo ! »

Et l’on ne peut que s’interroger en pensant qu’il y a quatre siècles, on installait cette ménagerie sous les voûtes d’une église consacrée tout de même au culte de la Sainte Croix. Relique infiniment précieuse retrouvée en l’an 326 à Jérusalem par sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin, grâce à une révélation faite par un certain Judah Kyriakos, rabbin devenu ensuite chrétien, celui-là même qui donne son nom, dans la ville haute de Provins, à la collégiale… Saint-Quiriace.

On a beau se persuader que toutes ces bêtes, en somme, sont là pour évoquer le péché dont il faut s’affranchir, ce à quoi la Croix, justement, nous aide, se rappeler que c’est là une tradition iconographique déjà abondamment illustrée par la sculpture romane… La surprise et, pour tout dire, le malaise persistent. D’autant qu’il ne s’agit plus ici d’une production du XIIe ou du XIIIe siècle. Ce décor est daté du début du XVIe, du siècle de la Renaissance française.

Voici, tout sinueux et désarticulé, un fauve cracheur de feu, à demi dragon et à demi chien. Autour d’un médaillon où un profil royal fait sans doute référence à François Ier, deux chimères montent la garde, qui évoquent irrésistiblement le symbole de la salamandre, le monstre qui vit dans le feu, largement repris par l’imagerie de ce roi. On quitte le bestiaire fabuleux avec un porc sauvage, se nourrissant de glands, représentation traditionnelle de la sensualité inspirée par le démon. On y retombe avec cet affrontement de deux vouivres étroitement enlacées qui, dans le contexte provinois, ne peuvent pas ne pas rappeler la légende du Dragon et de la Lézarde et les deux mannequins portés au bout d’une perche que l’on faisait se colleter chaque année, à l’occasion des Rogations.

Les photographies de Michel Charlet, Denis Foussard et Patrick Privé qui seront présentées à l’hôtel de Savigny (ville haute) du 13 au 31 octobre et à la médiathèque Alain-Peyrefitte (ville basse) du 2 au 7 novembre font le tour de ce riche décor, l’une des curiosités de cette église pour la sauvegarde de laquelle agit depuis quarante ans le groupe des amis de Sainte-Croix devenu le collectif « Sainte-Croix Renaissance », organisateur de cette exposition.

« La cité médiévale de Provins » par J.P. Djivanidès

Jean-Pierre Djivanidès nous a présenté son très bel ouvrage
« La cité médiévale de Provins »
dans le cadre de l’exposition pour laquelle il a réalisé plusieurs visuels inédits.
Le livre est consultable à la médiathèque de Provins.

Vous pouvez en avoir un aperçu et le commander en ligne en suivant ce lien :
https://fr.calameo.com/books/00533259443c98d24bd1d